Fermée à l’été 2024, la Banque Havilland est sortie du sursis de paiement et peut rembourser ses déposants. Ses excédents de liquidités dépassent 30 millions d’euros. Néanmoins, tous ses clients ne seront pas servis, notamment ceux qui sont sous sanction internationale.
Les administrateurs judiciaires de la «Banque Havilland», fermée en août 2024 pour des problèmes récurrents de gouvernance, ont travaillé très lentement pour transformer l’établissement en une sorte de «bad bank». Ils ont été très bien payés pour effectuer une mission qui vient de s’achever. Leur rythme de travail se laisse comparer à la cadence de l’enquête dans deux dossiers de blanchiment présumé visant la banque du milliardaire britannique David Rowland. Les faits les plus anciens remontent à 2012 et on ne sait pas quand la procédure judiciaire sera terminée.
Le 20 juin 2025, le tribunal de commerce a validé à huis clos, à la demande de la banque, la fin de son placement en sursis de paiement. «Banque Havilland estime avoir atteint les objectifs du régime de sursis de paiement tant en ce qui concerne la collecte de liquidités suffisantes pour désintéresser tous les déposants et créanciers qu’en ce qui concerne la planification du paiement de tous les créanciers», note le jugement consulté par Reporter.lu
Imposé par la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) et la Banque centrale européenne (BCE) au cœur de l’été 2024, ce régime a évité des retraits massifs de dépôts des clients. Le phénomène de «bank run» aurait abouti à une crise de liquidité et acculé l’établissement à la liquidation sauvage, scénario que personne ne voulait.
Dépeçage d’actifs
Le dépeçage de la banque s’est traduit par la vente, début mai, à un consortium d’investisseurs de sa filiale à Monaco. Aucun montant n’est évoqué dans la décision du 20 juin. «Banque Havilland (Liechtenstein) A.G.» est en liquidation volontaire. La filiale a renoncé à son droit de réclamer le remboursement immédiat de 68,9 millions d’euros. La dette sera remboursée fin mars 2027. La succursale à Dubaï a fermé ses portes.
Les comptes sont dans le vert et montrent que la banque était solvable. Les avoirs liquides détenus auprès d’autres banques s’élevaient au 30 mai 2025 à 220,23 millions d’euros et les dettes immédiatement exigibles à la même date à 186,75 millions d’euros, ce qui laisse des liquidités excédentaires de 33,48 millions d’euros.
Le jugement du 20 juin éclaire, bien que superficiellement, la face cachée de l’activité de la Banque Havilland qui lui a valu la perte de son agrément. La décision évoque ainsi des dépôts en rouble, des titres d’émetteurs russes bloqués et des clients, sans les nommer, sous sanctions internationales …
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