Le management défaillant de Pascale Toussing a laissé des traces chez les agents du fisc. Encore au printemps dernier, l’administration des contributions directes était une des pires administrations où travailler, selon une enquête non publique que Reporter.lu a consultée.

Le nouveau patron de l’Administration des contributions directes veut transformer son administration en un «employer of choice» et en faire une des administrations les plus modernes de l’OCDE. Jean-Paul Olinger part de très bas, mais il a le soutien inconditionnel de Gilles Roth, son ministre CSV de tutelle, pour développer l’«employer branding» de l’administration fiscale, attirer ainsi des jeunes diplômés et des experts de haut vol et stopper les départs de fonctionnaires vers des employeurs plus attirants.

Jusque-là les candidats ne se bousculaient pas au portillon pour présenter une offre de service auprès d’une administration publique longtemps perçue comme un repoussoir. La moitié des postes vacants ne trouvait pas preneurs. Le style de management de l’ancienne équipe dirigée par Pascale Toussing ne contribuait pas à rendre attractifs les emplois auprès des contributions.

Pour fonctionner à plein régime, réussir la transition digitale et faire face aux nombreux départs à la retraite qui se profilent, l’Administration des contributions directes doit embaucher 500 personnes à moyen terme, chiffre confirmé ce 22 août par le ministre des Finances dans sa réponse à une question parlementaire.

Des perspectives de carrières

En poste depuis le mois de mai dernier, Jean-Paul Olinger a du travail pour atteindre l’objectif ambitieux de porter les effectifs à 1.300 agents, contre 1.100 actuellement. Son plan de campagne prévoit dans une première étape le renforcement du département des ressources humaines.

Le dirigeant promet d’offrir à ses fonctionnaires et agents «des plans de carrières et des perspectives pour se développer». «Nous voulons donner plus de sécurité, notamment psychologique. Il faut augmenter la tolérance aux fautes pour que les collaborateurs osent prendre des initiatives», a-t-il ainsi expliqué dans un entretien au «Lëtzebuerger Land».

Les ressources humaines sont avec la digitalisation des procédures, un des dossiers prioritaires du nouveau patron. La tâche relève de l’urgence, car l’une des plus grandes administrations de l’Etat avait perdu son chef du personnel il y a plus de deux ans. Le fonctionnaire avait alors jeté l’éponge et personne ne l’avait remplacé. La vacance du DRH n’avait pas contribué à améliorer le climat de travail et la motivation des agents. La démotivation avait principalement affecté le «middle management» et les agents des carrières inférieures …