Pendant plus de dix ans, une piscine a fonctionné à Hesperange sans les autorisations nécessaires. Cette affaire montre à quel point les communes font preuve de négligence en matière de droit de l’environnement, sans avoir à craindre de conséquences.

Ce ne sont pas des eaux bleues, mais de simples planches qui recouvrent actuellement la surface de l’ancienne piscine du «Hesper Beach Club». Là où les enfants profitaient autrefois de l’été, on trouve désormais des meubles de jardin. La piscine est fermée. Et elle le restera. Une pétition réclamant sa réouverture a certes recueilli plus de 500 signatures dès la première semaine de juin. Mais en vain.

La maire d’Hesperange, Diane Adehm (CSV), a déclaré lors de la séance du conseil communal du 8 juin que la piscine pour enfants ne rouvrirait pas, du moins cette année. On ne sait pas encore si ce sera le cas l’année prochaine. La raison: la commune a exploité la piscine pendant plus d’une décennie sans les autorisations nécessaires et doit désormais prévoir des travaux de rénovation pour pouvoir continuer à l’utiliser. C’est le «Tageblatt» qui a été le premier à en faire état.

Ce n’est que par hasard que la commune s’est aperçue de cette irrégularité. «En tant que conseil échevinal, nous avons également été extrêmement choqués lorsque nous l’avons découvert», a déclaré Diane Adehm lors de la séance du conseil communal. Ces irrégularités sont notamment imputables à l’un des deux fonctionnaires impliqués dans l’affaire de fraude qui a secoué la commune en 2019, ainsi qu’à l’entrepreneur qui a également été condamné lors du procès correspondant. Mais cela soulève également la question de savoir comment les responsables politiques ont pu enfreindre le droit de l’environnement pendant des années et pourquoi les administrations ne sont pas intervenues.

Une piscine sans autorisation

Rétrospective: dès 2009, il était possible de passer l’été à la piscine du parc d’Hesperange, de juin à fin août. Chaque année, le «Jugendtreff» de la commune recrutait des étudiants pour occuper le poste de maître-nageur. Mais il y a un an, le centre de jeunesse a informé le conseil communal qu’il ne souhaitait plus assumer cette tâche à l’avenir. La commune a alors demandé à l’Inspection du travail et des mines (ITM) quelles conditions un maître-nageur devait remplir.

Une distinction est faite entre les piscines publiques et les campings ou encore les piscines d’hôtels. Dans le premier cas, le maître-nageur doit également être formé à cet effet, tandis que dans le second, un diplôme de premiers secours suffit. Dans le cas d’Hesperange, toutefois, il n’était pas clair à quelles dispositions la piscine était soumise. L’ITM a donc conseillé aux fonctionnaires communaux de vérifier l’autorisation d’exploitation, sur laquelle cela devait être mentionné. C’est seulement à ce moment-là qu’il est apparu que la commune ne disposait pas du tout d’une telle autorisation.

A l’époque, j’avais demandé à plusieurs reprises au fonctionnaire responsable si nous disposions de toutes les autorisations nécessaires pour la nouvelle piscine. On m’avait toujours assuré que tout était en règle.»Marc Lies (CSV), ancien bourgmestre

Les recherches menées par les fonctionnaires ont même révélé d’autres problèmes juridiques. Pour l’été 2009 uniquement, ils ont trouvé l’autorisation nécessaire délivrée par l’Administration de la gestion de l’eau et celle de l’Administration de l’environnement. Par la suite, ils n’ont pu trouver qu’une seule autorisation de l’Administration de la gestion de l’eau, valable jusqu’en 2014. Cela signifie qu’à partir de l’été 2015 au plus tard, la piscine a été exploitée sans aucune autorisation. Or, le conseil communal aurait dû tirer la sonnette d’alarme au plus tard en 2018 …