Un fonctionnaire de l’Administration des contributions directes a traqué des femmes sur les réseaux sociaux pour accaparer à leur insu des photos intimes. Pour dissimuler son identité, le prévenu a opéré depuis son bureau ou à partir de l’adresse IP de son voisin. 

Le prédateur présumé a piégé plus de 80 victimes dont toutes n’ont toujours pas été identifiées. Des photos intimes de femmes pourraient ressurgir de fichiers sur lesquels les enquêteurs n’ont pas pu mettre la main. Fonctionnaire à l’Administration des contributions directes (ACD), Christian G., 41 ans, a œuvré pendant des années, entre 2014 et 2020, sous couvert d’autres identités, pour s’introduire dans les téléphones portables, les ordinateurs et les tablettes et fouiller dans la vie privée de jeunes femmes, de collègues de bureau ou d’inconnues.

Son mode opératoire est presque toujours le même pour gagner la confiance de ses proies avant de leur soustraire des données personnelles. Le cyber-délinquant se fait passer pour une amie d’enfance ou de jeunesse ou la connaissance d’une connaissance en usurpant l’identité d’une personne repérée sur les réseaux sociaux «Facebook» ou «Snapchat». En l’absence d’une fonctionnaire qui partageait son bureau à l’ACD, il a utilisé frauduleusement son PC et ses identifiants. Il a aussi piraté l’adresse IP de son voisin pour faire ses basses œuvres.

Les «amies» Facebook piégées

L’une de ses victimes s’appelle «Milly». Sur Facebook, le prédateur se présente comme étant «Natacha», une ancienne copine, qui cherche à renouer le contact, l’invitant à consulter des photos anciennes. Les faits remontent au mercredi 11 décembre 2019, en fin de matinée. La jeune femme est invitée à télécharger les pièces directement sur son ordinateur via une fausse page de connexion «Microsoft One Drive».

Derrière son écran, Christian G. dicte ses instructions et s’accapare des mots de passe de sa victime sur les messageries électroniques. Le piège se referme sur Milly dont les données personnelles sont pillées. Christian G. a opèré masqué en utilisant l’adresse IP de son voisin de palier, à l’insu de ce dernier.

Le tribunal a pu mesurer la profondeur de la douleur des victimes. »Jugement du 12 novembre 2025

Le lendemain de l’intrusion, Milly se rend au commissariat de police et porte plainte contre inconnu du chef de fraude informatique. Contactée par les policiers, l’amie Natacha est immédiatement disculpée. Son propre compte Facebook a également été piraté. Elle raconte que plusieurs de ses amies sur ce réseau ont reçu le même message que Milly. La plainte de cette dernière est le point de départ des poursuites judiciaires qui vont envoyer six ans plus tard, Christian G. devant un tribunal correctionnel pour y être lourdement condamné en première instance.

Dans la même journée du 11 décembre 2019, le prévenu s’en prend à une deuxième victime, «Jelena» avec le même mode opératoire, en se cachant derrière la fausse identité de Natacha. Jelena porte également plainte, quelques jours après les faits. D’autres plaintes suivent …