Pascale Toussing reprend du service au ministère des Finances. Gilles Roth la recrute comme conseillère pour les réformes fiscales. Le retour de l’ancienne directrice de l’Administration des contributions directes pourrait compromettre la modernisation du fisc.

Après des mois de purgatoire à l’Administration des contributions directes (ACD) qu’elle ne dirige plus depuis le 31 décembre dernier, Pascale Toussing revient travailler au ministère des Finances. Gilles Roth (CSV) la recrute, à compter du 15 juin prochain, comme conseillère pour les réformes fiscales que le ministre entend achever au cours de sa mandature.

Selon les informations de Reporter.lu, l’ex-directrice de l’administration fiscale sera «détachée» de son administration. Elle aura donc toujours un pied dedans et ne perdra ni son grade, ni sa rémunération. Comme ce grade n’existe d’ailleurs pas au ministère des Finances, Pascale Toussing y aura une position privilégiée par rapport à ses futurs collègues.

L’arrivée de Jean-Paul Olinger à la tête de l’ACD, le mois dernier, a permis de remettre un peu d’ordre dans la gouvernance d’une des plus grandes administrations luxembourgeoises et surtout celle qui rapporte près de la moitié des recettes du pays. Pascale Toussing avait apparemment mal digéré son éviction de la direction de l’Administration des contributions directes aux termes de son mandat de six ans qui s’est achevé fin 2023. Candidate à sa propre succession, elle avait perdu la confiance de la ministre des Finances Yuriko Backes (DP) qui a précédé Gilles Roth à la rue de la Congrégation, siège du ministère.

Défaillances et déséquilibres

Pendant l’intérim de quatre mois entre janvier et avril 2024 assuré par Luc Schmit, «directeur faisant fonction», l’ex-numéro 1 de l’administration fiscale avait encore son nom dans l’annuaire du ministère comme appartenant au comité de direction, sans pour autant d’attribution de fonction dirigeante. Elle avait conservé certains privilèges comme son bureau boulevard Roosevelt, mais pas les 200 points indiciaires, attribués, en plus de leurs salaires, aux directeurs des grandes administrations ne pouvant pas siéger dans les conseils d’administration pour mettre du beurre dans les épinards.

Ce n’est qu’après la prestation de serment de Jean-Paul Olinger que le nom de Pascale Toussing a été retiré de l’annuaire comme appartenant au comité de direction. Elle apparaîssait depuis lors sur la liste des agents du secrétariat de direction, sans mention de son rang hiérarchique.

Sa présence pourrait être un piège mortel pour le nouveau directeur des Contributions. Elle va tout faire pour lui mettre des bâtons dans les roues et le détruire. Et elle pourrait réussir.“Un haut fonctionnaire proche du dossier

Le choix de Gilles Roth de nommer Pascale Toussing à ses côtés pour accompagner les réformes fiscales stratégiques pour l’avenir du Luxembourg soulève des interrogations. D’abord parce que l’ancienne directrice de l’Administration des contributions directes, limogée par Yuriko Backes, porte la responsabilité de l’échec des réformes d’une administration qui est restée au Moyen Âge de la digitalisation …