Les supermarchés Alima sont à la peine. Rachetés majoritairement par le Pall Center de Christianne Wickler en 2021 puis revendus en 2023, ils souffrent de la concurrence des mastodontes de la distribution. L’enseigne fermera fin mars son magasin à la Gare.

Les supermarchés Alima, implantés dans la capitale, tournent au ralenti. Des rayons sont clairsemés, comme si les magasins connaissaient des ruptures de stock de marchandises, principalement les produits frais. La pérennité de l’enseigne, née en 1951, se pose désormais face à la concurrence des géants de la grande distribution, comme Auchan et maintenant Leclerc, les chaînes «low-cost» comme Aldi ou Lidl ou les supérettes de proximité comme Monoprix.

La baisse de pouvoir d’achat des consommateurs ne contribue pas non plus à l’expansion des commerces indépendants. Ils n’ont pas la masse critique pour négocier les mêmes prix que les centrales d’achats des mastodontes pour leurs filiales et leurs franchisés. Leur grignotage du marché local ne fait que commencer.

Le «Retail Report 2024» présenté début mars par le ministre de l’Economie Lex Delles (DP) évoque la croissance «extrêmement dynamique» entre 2019 et 2023 de la filière alimentaire du commerce de détail. La branche a gagné en quatre ans 100 nouveaux points de vente (+17,3%) et plus de 23.000 mètres carrés (+10,9%). Pour autant, la dynamique n’a pas touché tous les acteurs du secteur. Les bilans d’«Alima Exploitation sàrl», l’entité exploitant les trois supermarchés à Luxembourg-Ville, renseignent une perte de 330.000 euros en 2022.

Un mariage sans lendemain

Fin mars 2024, Alima Gare va baisser définitivement le rideau, selon les informations de Reporter.lu. Les employés seront réaffectés au centre-ville et à Belair, en manque de main-d’œuvre. En fermant la filiale du quartier de la Gare, les dirigeants espèrent retrouver un peu de souffle et de trésorerie, sans avoir à puiser dans leur fortune personnelle ni devoir vendre les bijoux de famille, c’est-à-dire le parc immobilier.

Pour autant, les deux supermarchés restants, s’ils doivent survivre à un environnement désormais très concurrentiel, demandent d’importants investissements. L’ancien actionnaire majoritaire, le groupe «CW Invest» (Pall Center), a renoncé l’année dernière à les faire. Sa fondatrice Christianne Wickler a jeté l’éponge au printemps 2023.

Le deal avec Alima n’était pas mauvais, l’achat de la participation majoritaire s’est fait à bas prix. Mais il fallait investir et faire une restructuration. Or, il s’est avéré qu’il n’y avait pas la volonté de le faire.“Ancien dirigeant de Pall Center

Rentrée à hauteur de 70% dans le capital d’Alima Exploitation en janvier 2021, la société CW Invest de Christianne Wickler, a revendu cette participation majoritaire en mars 2023 à ceux qui la lui avaient vendue en 2021. Les synergies entre les entreprises familiales Pall Center et Alima n’ont pas été possibles …