La Cour d’appel a réduit de moitié la peine de prison à l’encontre de Flavio Becca. La mansuétude des juges s’est arrêtée là. L’amende de 250.000 euros est confirmée. Les 673 montres saisies dans la chambre forte du promoteur sont confisquées, mais 200 restent dans la nature.

Flavio Becca a tout fait pour sauver les pièces les plus précieuses de sa collection de montres, au prix d’explications embrouillées et contradictoires devant les juges de la Cour d’appel. Les démarches du promoteur et de ses trois avocats pénalistes sont restées vaines. Prononcé le 13 juillet dernier, le verdict de la juridiction est plus sévère qu’en première instance, même si le prévenu voit sa peine de prison avec sursis ramenée de deux ans à une année en raison de la lenteur de l’instruction d’une affaire qui remonte à 2011. L’amende de 250.000 euros pour abus de biens sociaux et blanchiment détention est maintenue.

Mais ce n’est pas ce qui fait le plus mal. Les juges de première instance n’avaient pas voulu toucher aux montres achetées par Promobe Finance, la société de gestion de patrimoine familial de la famille Becca, estimant que l’enquête n’avait pas rapporté assez de preuves qu’elles avaient été achetées au détriment de l’intérêt social de l’entreprise. Les magistrats de la Cour d’appel ont jugé au contraire que le dossier était assez solide. Toute la collection entreposée dans la chambre forte de sa maison de Leudelange et aux domiciles de son père et de son beau-frère, soit 673 montres, est confisquée.

Des lignes rouges à ne pas franchir

319 montres avaient été payées 6,973 millions d’euros par Promobe Finance. Les 354 autres pièces avaient été acquises par d’autres sociétés du groupe Becca. Les policiers avaient récupéré l’impressionnante collection lors d’une perquisition en septembre 2011. Le camouflet des juges de deuxième instance semble terrible pour un homme d’affaires qui a préféré spéculer sur la valeur des montres en les faisant payer par ses sociétés plutôt que de se servir des dividendes, imposables.

L’enquête judiciaire a révélé que Becca a fait le tour d’Europe des bijoutiers pour acheter un total de 842 montres pour un montant de 17,896 millions d’euros. Les fonds ont été décaissés par 18 sociétés de son groupe, qui n’avaient aucune vocation à faire du commerce d’horlogerie.

En homme d’affaires expérimenté, il ne saurait se retrancher derrière une méconnaissance des notions commerciales, financières et juridiques de base et de la nécessité de strictement différencier patrimoine privé du dirigeant de société et patrimoine social.“Arrêt du 13 juillet

Quelque 200 pièces n’ont pas été retrouvées. Le promoteur a toujours fait valoir en avoir fait cadeau aux membres de sa famille ou les avoir détenues dans un coffre en banque. Les policiers se sont contentés de cette profession de foi et personne ne lui a demandé de décliner l’identité des bénéficiaires, ce qu’il aurait pourtant fait volontiers, selon ses dires …