Condamné pour escroquerie, un avocat spécialisé dans l’optimisation fiscale a encore franchi la ligne rouge. Sa victime est l’inventeur d’une voiture volante dont il a vendu la société sans lui rendre l’argent. Les fonds ont été repérés sur un compte de Post Luxembourg.  

Les ennuis volent en escadrille pour l’ancien avocat Olivier Riffaud, radié des Barreaux de Luxembourg et de Paris suite à des plaintes de ses clients pour abus de confiance et escroquerie. Celui que la presse décrivait comme un prodige de l’optimisation fiscale pour les grandes fortunes françaises a été cité devant un tribunal luxembourgeois à la requête du Barreau de Paris et de l’assureur des avocats, la «MMA».

La procédure est inhabituelle. Les faits se révèlent pittoresques. Les poursuivants d’Olivier Riffaud cherchent la trace de deux millions d’euros qui sont passés par le compte professionnel de l’avocat à la Poste luxembourgeoise (CCP). Ce montant représente le fruit de la vente d’une société ayant développé une voiture volante, à usage notamment militaire.

Un parcours détonant

L’ex-avocat fut inspecteur des impôts puis notaire avant d’endosser la tunique noire. Son parcours, tant en France qu’au Grand-Duché, est détonant. Il a été condamné en mars 2022 par un tribunal correctionnel de Luxembourg à 24 mois de prison avec sursis pour des détournements de fonds. La justice l’avait aussi rattrapé à Paris en 2017 pour blanchiment et complicité de fraude fiscale dans le dossier de «Guy Wildenstein», fils d’un marchand d’art proche de l’ancien président français Nicolas Sarkozy.

Cette condamnation lui valut son exil professionnel à Luxembourg, où il avait ouvert son cabinet spécialisé dans la clientèle des exilés fiscaux. L’un d’eux, victime d’un redressement à Paris, lui avait confié près de 1,3 million d’euros pour se mettre à jour de ses dettes envers l’administration française qui le poursuivait. Les fonds avaient transité par le compte tiers de Riffaud au CCP, mais l’avocat en avait illégalement conservé un tiers pour payer ses dettes personnelles, dont ses propres impôts et taxes …