Condamné à la prison ferme, l’ancien dirigeant des Constructions Métalliques Arendt s’est servi dans la caisse de l’entreprise pour mener grand train. Charel Arendt est blacklisté auprès de banques. Il s’est brouillé avec sa famille et avec ses partenaires en affaires.

La saga de la famille Arendt, fondatrice de l’entreprise de constructions métalliques qui porte leur nom, est un mélange entre la série télé «Dallas» et l’affaire des montres de Flavio Becca. Le promoteur s’est servi de la trésorerie de ses entreprises pour assouvir sa passion personnelle pour les montres de luxe, ce qui lui a valu un an de prison avec sursis pour abus de biens sociaux. La série TV culte des années 80 raconte les vicissitudes d’une famille texane qui se déchire sur fond d’argent, de rivalités et de trahisons.

Le casting grand-ducal met en scène trois hommes, un père, Alex, et ses deux fils. Si l’univers impitoyable de Dallas était transposé dans l’Oesling, Charel, l’aîné, emprunterait les traits de JR, le fils manipulateur et flambeur de la famille Ewing. Franz, le cadet, incarnerait le personnage de Bobby, décrit comme un homme altruiste, honnête et bien intentionné, à l’opposé du caractère de son aîné, favori du père.

Un accusé qui fait défaut

La version luxembourgeoise, qui a pour décor Colmar-Berg, siège de l’entreprise familiale, et les tribunaux correctionnels de Luxembourg et de Diekirch, n’a pourtant rien d’un feuilleton télévisuel. Le 27 juin dernier, le président de la douzième chambre siégeant en matière correctionnelle traite une affaire peu conventionnelle. Sur citation directe, procédure permettant à une victime de citer directement devant un tribunal l’auteur présumé d’un délit, Charel Arendt est appelé à répondre d’actes d’abus de biens sociaux et de blanchiment lorsqu’il dirigeait la firme familiale de constructions métalliques et de serrureries.

Les montants en jeu portent sur 700.000 euros environ. L’homme ne vient pas à l’audience et ne se fait pas représenter non plus par un avocat. Contacté par Reporter.lu, il explique être à court de liquidités. «Je n’ai pas d’argent pour payer un avocat», affirme-t-il.

Pendant qu’il était dirigeant de Groupe Arendt et d’Alex Arendt, Charel Arendt a fait financer des dépenses typiques de loisir d’un jeune homme riche. »Substitut du procureur d’Etat

Ses accusateurs sont les sociétés Groupe Arendt et Alex Arendt, dirigées par son propre frère. La première entreprise est une société de participations financiéres (Soparfi) gérant les différentes participations de l’entreprise fondée en 1959 par le grand-père, la seconde exploite l’atelier de fabrication à Colmar-Berg qui a notamment réalisé la Gare de Belval. Les deux entités ont comme bénéficiaire effectif depuis le 24 août dernier l’épouse de Franz Arendt …