Un rapport commandé par le G20, publié le 25 juin, détaille comment pourrait fonctionner un impôt minimal mondial sur les milliardaires qui échappent largement à la taxation – un projet qui emporte un soutien de plus en plus large des opinions publiques.

par Marie Charrel (Le Monde 2024)

Imposer les ultrariches pour financer la lutte contre les inégalités et le changement climatique. Il y a quelques années encore, la plupart des dirigeants de la planète balayaient une telle idée d’un revers de main. Aujourd’hui, certains s’y penchent sérieusement. A commencer par le Brésil, qui préside le G20 en 2024, et en a fait l’une de ses priorités. «Une taxation minimale de 2% sur la fortune des 3.000 personnes dont le patrimoine dépasse le milliard de dollars dans le monde rapporterait entre 200 milliards et 250 milliards de dollars [186,7 à 233,5 milliards d’euros] par an», souligne Gabriel Zucman, directeur de l’Observatoire européen de la fiscalité. Fin février, le Brésil a commandé à l’économiste, également professeur à l’université de Berkeley, un rapport sur la mise en place d’une telle mesure.

Publié mardi 25 juin, en amont des réunions des ministres des Finances du G20 des 25 et 26 juillet à Rio de Janeiro, celui-ci pose un constat sans appel: l’impôt sur le revenu acquitté par ces milliardaires ne représente que 0,3% de leur patrimoine. Cela, parce que l’essentiel de leurs revenus ne provient pas de salaires, mais des entreprises qu’ils détiennent, notamment par le versement des dividendes. Or, ceux-ci sont peu, voire pas imposés, grâce aux diverses techniques d’optimisation qu’ils déploient. «Toutes taxes comprises, les particuliers très fortunés paient moins d’impôts en proportion de leurs revenus que les autres groupes sociaux», souligne le rapport …