Il y a un an, nous avions publié dix épisodes d’une chronique qui racontait, semaine après semaine, l’irruption du Covid-19 dans le quartier de Gasperich à Luxembourg. Notre chroniqueuse est repartie sur le terrain pour comprendre comment la population s’est adaptée.

On s’était donné rendez-vous dans un an, pour jeter un regard rétrospectif sur un confinement que l’on imaginait loin derrière nous. Un peu comme ces anciens combattants se réunissent pour se remémorer leurs faits d’armes: avoir vécu un Lockdown total, un événement unique dans son genre.

À l’époque, j’avais rapporté les prévisions du docteur Schmitz. Il prévoyait «un Noël masqué». Un diagnostic jugé bien pessimiste par beaucoup, voire contesté. Dans l’adversité, les oiseaux de mauvais augure font figure de défaitistes et casser le moral des troupes, c’est réduire leurs défenses immunitaires. Or la première vague refluait, les enfants avaient repris le chemin de l’école et le printemps brillait de tous ses feux. On voulait croire aux lendemains qui chantent.

Depuis, la pandémie n’a pas épargné le quartier. Il y a eu la mort du patron du salon de coiffure Igorance, fauché dans la force de l’âge. Des élèves de l’Ecole fondamentale ont été mis en quarantaine. Jonas, le petit voisin qui m’avait confié apprécier le homeschooling, a été testé positif et confiné avec ses parents et sa sœur. Ce qui n’a pas manqué de les contaminer à leur tour.

Moi-même ai été infectée à mon domicile par une connaissance, avant de transmettre le virus à mon mari. Nous sommes toujours empêtrés dans nos histoires de tests, de masques et désormais de vaccins. C’est le sujet qui fait débat quand on croise une connaissance dans la rue …