A l’heure où une nouvelle équipe de direction se met en place pour la capitale européenne de la Culture Esch 2022, nous avons rencontré l’ancien directeur général, Andreas Wagner. Son analyse de la crise qui a conduit à son départ apporte une mise en perspective des nouveaux choix culturels qui vont s’opérer et des enjeux politiques liés.

«Quand je regarde la manière dont les événements se sont déroulés, je me dis que j’ai fait preuve de naïveté. Dès que le label de capitale européenne de la Culture est acquis, la politique reprend le dessus. C’est toujours comme cela. J’ai sous-estimé le poids politique de la culture pour les communes du Sud», confesse Andreas Wagner. De fait, à Esch et Dudelange, les dépenses culturelles représentent environ 10% du budget annuel communal. Un montant proportionnellement bien supérieur à leur part dans le budget de l’État.

L’homme que nous rencontrons quatre mois après son départ de la direction générale de Esch 2022 n’a pas encore digéré les derniers événements. L’affaire n’est d’ailleurs pas terminée puisque les modalités de la fin de son contrat ainsi que celui de Janina Strötgen, employés en CDD alors qu’ils estiment qu’il s’agissait de facto d’un CDI, sont toujours discutées par avocats interposés.

Je ne les comprends pas et ils ne me comprennent pas.“Andreas Wagner

Pourquoi Andreas Wagner a-t-il refusé en juin 2018 le poste de directeur artistique proposé par le nouveau conseil d’administration de l’asbl mis sur pied en mars 2018, sous la présidence du nouveau bourgmestre de Esch, Georges Mischo (CSV)?